Pat est le nom d'artiste de Charles Salla Dieng, né le 15 juin 1956 à Dakar. Il grandit
dans les quartiers voisins de l'École des Arts, dont un ami de ses frères aînés lui ouvre
les portes à la fin des années 1960. Il n'y suivra jamais de cursus : il apprend en
dessinant pour ses camarades, en peignant les murs des chambres, en reprenant des figures
sur les plages, les roches et les coquillages. Plus tard, animateur culturel au collège de
la Cathédrale, il compose des spectacles entiers pour les enfants — musique, costumes,
décors — et encadre une jeunesse difficile. Cette double vie, atelier et scène, ne l'a plus
quitté.
Sa peinture est une abstraction figurative au trait d'encre. Elle naît d'un outil
inhabituel : des plumes de poule ou de pigeon qu'il utilise comme pinceaux, trempées dans
l'encre de Chine et dans des pigments faits maison, sur des supports qu'il ne choisit pas
nobles — toile, papier, tissu, murs, ustensiles de cuisine. La palette est tenue : rouge
vermillon, vert, noir, sur le fond clair du papier. Les silhouettes, les spirales, les
réseaux de lignes cherchent moins à représenter qu'à ouvrir un espace de rencontre.
Le propos est constant : la paix, le vivre-ensemble, une philosophie positive. Il s'inscrit
dans un projet plus large — raconter, par l'art, l'histoire de l'Afrique par les Africains,
de Béhanzin à Aline Sitoé Diatta. Chaque exposition se prolonge d'une performance musicale
ou théâtrale : l'œuvre y devient un moment partagé.